Le défi du recyclage des filets de pêche

27 % des déchets plastiques trouvés sur les plages proviennent des engins de pêche. La loi va bientôt imposer la création d’une filière de recyclage, et des recherches sont menées pour concevoir un filet biodégradable. La Bretagne est à la pointe dans ce domaine.

Début septembre, pointe du Lenn à Damgan, dans le Morbihan. Des promeneurs aperçoivent un fou de Bassan prisonnier d’un fil de pêche avec douze hameçons et des flotteurs. L’oiseau est si épuisé d’avoir lutté contre le piège qu’une fois libéré il ne parvient pas à s’envoler. La Ligue pour la protection des oiseaux va le soigner une semaine durant. L’oiseau est chanceux. Chaque année, des dizaines de milliers d’animaux marins (poissons, crustacés, cétacés, oiseaux…) sont victimes en effet d’engins de pêche perdus en mer. On parle ici de pêche fantôme. Ses conséquences sont dramatiques  : captures inutiles de poissons, espèces protégées (goélands, phoques…) victimes d’ingestion, environnement abîmé par les filets qui s’accrochent aux rochers ou raclent le fond, impact sur la chaîne alimentaire, les filets se décomposant en microparticules pendant des centaines d’années. Selon un rapport de France AgriMer, 750 tonnes d’engins de pêche sont perdues en mer chaque année sur la façade Nord Atlantique – Manche Ouest (des Sables-d’Olonne à Cancale).

Les pratiques vont devoir évoluer. Car une prise de conscience se fait jour. Et les initiatives se multiplient pour recycler les Engins de pêche usagés (epu), la Bretagne étant moteur dans ce domaine. La législation est claire : conformément à une directive européenne, la loi agec (Anti-gaspillage économie circulaire) du 10 février 2020 va étendre la Responsabilité élargie du producteur (rep) aux engins de pêche dès le 1er janvier 2025, d’où la création de facto d’une filière de recyclage. “Aujourd’hui, à peine la moitié des filets est recyclée, souvent en Espagne, sans aucune traçabilité. Or ce sont des epu simples car ils sont en polyamide mono-matière, donc valorisables. Les chaluts par contre, constitués de plastique, de métal, de caoutchouc, sont impossibles à recycler en France”, souligne Marie-Amélie Néollier, du parc naturel marin d’Iroise. Reste que, de Lorient au Conquet en passant par Roscoff ou Audierne, de plus en plus de ports collectent et retraitent le matériel de pêche en fin de vie. Installer des bennes où les pêcheurs déposent leurs filets et chaluts constitue une première étape.

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Retrouvez l’intégralité de ce reportage dans le numéro 245 d’ArMen

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